Une semaine fichtrement bizarre … enfin je crois….

Cette semaine. Cette semaine le monde a tourné carré, peut être même hexagone.

Je ne sais pas exactement comment commencer. Ni que dire.

Cette semaine je me suis remise à peindre. Cette semaine la citoyenne s’est réveillée d’une légère léthargie Pacessienne. Cette semaine est un éventail d’émotions. Cette semaine, comme chacune je crois, est un nouveau début , une entrée qui donne vers l’infini. Mais cette semaine était aussi une fin.

Je ne reviendrai pas trop sur Charlie, mais juste un peu. On a pas toujours l’occasion de saluer les grands. Mercredi a été un tsunami , des bon gros enculés (merci canal+ je ne savais pas comment appeler ces pourritures) ont abattu des hommes et des femmes supposément au nom d’un dieu, prophète… Je ne vais pas mentir, je connaissais peu c’est dessinateurs, de nom, j’avais vu leurs dessins majeurs- les plus polémiques. Cependant je me souviens de l’affaire des caricatures de Mahomet, je me souviens du carnet de Joann Sfar sur le procès. Je me souviens de l’incendie. Je me souviens d’avoir ri qd je voyais ces rares dessins. Si je m’indigne c’est de la connerie brutale de ces hommes qui ont abattu des artistes engagés de sang froid. Je m’indigne de cette tentative d’imposition de croyances par les armes. Je m’indigne de la négation de la liberté de la presse, de la liberté de rire. Je m’indigne parce que je ne supporte pas l’idée que mes enfants dans 15-20 ans soient confrontés à des gens qui muselleront leurs sourires, à des gens qui menaceront leurs voix. Je ne comprends pas que des artistes soient sur des listes de personnes à assassiner. Je ne comprends pas l’existence de ces listes. Voilà pourquoi je suis Charlie: parce que je veux pouvoir rire de la bêtise humaine et de ma propre bêtise aussi. Donc oui, cette semaine et jusqu’à la fin de mes jours, je serai Charlie. Je serai libre.

Mais je vais reprendre au début…

DIMANCHE:

Ma mère est partie et le vide a repris le dessus, mon appartement trop propre ordonné blanc est redevenu cette cellule où je me suis vue et sentie décrépir pdt 4 mois, cet endroit où j’ai passé 10 jours complets entourées d’une forêt de cours. Le vide creusait encore , avant même que ça recommence. La peur aussi, de ces résultats qui arrivent.

“Et si je ne peux pas devenir médecin? Et si ça s’arrête déjà cet enfer chéri?”

Et vous savez, être seule, déprimée et anxieuse dans une petite pièce contenant mes brouillons du concours ET les cours, ça demande beaucoup de self-control. Un conseil ô toi paces égaré: ne regarde pas, fuis tes cours perds les sujets, mieux vaut ignorer que de se tourmenter et se haïr, parceque évidemment, tu t’es trompé quelque part, et si au bout 10 minutes sur une questions tu as qd même mis au hasard, je ne me ferai pas trop d’illusions, mais ce n’est qu’un point. Tu n’auras pas tous les points. Alors ne regarde pas.

LUNDI:

Je me suis réveillée en flottant. Ensuite j’ai compris quelque chose en statistiques, et puis dans la vie en général. Si veut décider il faut accepter le risque de se tromper.

Par accepter, j’entends embrasser de toute sa personne. C’est dur, mais je pense que c’est fondamental , évident et pourtant, le lire dans un coin de mon cours m’a plongé dans une longue réflexion perturbée (bon en soit , n’importe quoi peut me faire philosopher ou parler avec l’Autre (vous savez cette personne dans votre tête qui dit jamais rien mais qui vous écoute parler…. mais si! vous savez elle a emménager en même temps que vous dans cet appartement loin de la civilisation!) tant que ça me permet d’interrompre les révisions). Pour en revenir à la découverte je voulais le noter ici parce que je vais en avoir besoin le jour où je devrait décider pour de vrai, pas simplement “est ce que je mets le titre en rouge et bleu ou rouge et vert” (dilemme cornélien qui me réveille une nuit sur deux) ou même “est ce que je mets E à cette qcm ? sachant que je n’ai absolument aucune idée du nombre de neurones dans mon crâne surtout étant donné le suicide collectif qui y a lieu tandis que je me pose cette question” , des questions sur lesquelles des vies vont reposer. Ou peut être juste des orientations de vies, des relations, … “juste” ça. Parce que en médecine il faut prendre des décision tous les jours, des décisions risquées. Et je ne pense pas qu’on puisse le vivre si on tente d’ignorer, d’occulter ce risque.

MARDI:

Mardi j’ai mangé mon angoisse. C’est ce que j’ai toujours fait, et comme j’ai toujours été angoissée je n’ai jamais tenu mes résolutions pondérales (damned). J’ai pleuré et perdu confiance, espoir et courage; Mardi c’était trop pour moi je voulais que la peur s’arrête, je voulais être un être humain à nouveau mardi j’ai failli cédé. Mon cher P1 qui peut être est descendu jusqu’à là, on te le répétera surement à tort et à travers : il ne faut pas céder. C’est une année dure et ceci est la plus grande litote de l’histoire de la litote. Tu n’as pas de vie sociale, ta main prends la forme d’un surligneur comme une enzyme s’associerai à son substrat , tu sais exactement à quel endroit de la page cette phrase était écrite mais tu n’as aucune idée de la réponse parceque putain tu n’as pas une putain de mémoire photographique et ça fait chier.  OUI, cette année tu es un zombie. Tu vas probablement à un moment ou un autre te détester et détester tout le monde. Tu ne supporteras pas les encouragements de ceux qui ne savent pas ce que c’est le pt de lanz et qui ne savent pas ce que c’est de te dire ” bon si je dors 3 heures cette nuit demain matin j’aurais 43 minutes pour apprendre ce cours et ensuite 2 minutes 46 pour le petit déjeuner” (ceci n’est qu’une minuscule hyperbole) et tu vas aussi détester tes co-paces, ceux de ta fac ou d’autres fac parceque tu seras persuadé qu’ils te méprisent/qu’ils savent tout mieux que toi/ qu’ils ont eu des cours que tu n’as pas eu parceque cette année un jour a été rajouté dans le calendrier et personne ne te l’a dit. Tu vas être chtarb. Mais quoi qu’il en soit: une année c’est limité dans le temps ( même deux ans ça se compte) et quoi que tu fasses après la PACES, à un moment tu n’y seras plus. Et à ce moment là tu auras ma bénédiction pour passer le reste de ta vie à te dire ” J’ai survécu à la PACES” tandis que l’Autre fredonnera une chanson épique comme au moment où le héro fait un truc épique au ralenti (oui, l’Autre chante beaucoup). Alors ne cède pas.

Surtout si tu veux vraiment devenir soignant. Parceque tu vas vivre sous pression à vie, mais au moins tu vas vivre. <Mieux tu feras vivre. SI tu veux vraiment être médecin, dentiste, sage femme, kiné ou pharmacien alors pense à ce pourquoi tu fais ça, pense à tout ce qu’il y a à venir, toutes les merdes et tous les bons jours. ET FAIT CETTE SERIE DE QCM!

Moi je dois ma survie de mardi qd même pas mal à Lizzie Bennet (je ne suis pas responsable de ce pseudonyme) alors gardez des amis, qquns, des qui en chient aussi ce sera plus supportable. Des patients.

MERCREDI:

je suis entrée dans la résistance.

JEUDI

Programme TV pour le futur médecin: SCRUBS est obligatoire. Je suis une grande fanatique de dr House, mais je trouve que la relation au soin est plus développée dans scrubs, et on voit l’évolution, l’apprentissage. Et puis “Eaaaaaaaaaagle”.

Bon, je pense que ça suffira, promis, la semaine prochaine je choisis un sujet et je m’y tient au lieu de blablater sur ma vie très peu fascinante.

Résolutions

Pour tout le bon et le mauvais 2014 aura définitivement été une année importante.

Je suis Sam Salumbo.  Pas vraiment, mais ici:  je serai Sam. J’ai 17 ans et j’étudie la médecine depuis 4 mois en France. Je veux être soignante.
Et aujourd’hui je me propose une nouvelle resolution: traverser 2015 en m’efforcant tous les vendredi de publier ici une note.
Je suis comme tout le monde, mes résolutions de nouvelle année je ne les tiens pas,  mais je vais donner sa chance à celle ci.
Début 2014 je voulais perdre du poids (j’en ai pris), être moins désagréable (j’ai réussi à blesser mon géologue,  la personne la plus patiente que je connaisse), etc. Je ne me souviens même pas de ce que je m’étais promis. En 2014, j’ai joué dans une pièce de théâtre qui m’a tellement bouleversé que j’en ai perdu l’appétit, je me suis exposée proposée dévoilée à beaucoup de facultés de médecine pour échapper à l’affectation régionale et me retrouver coincée chez moi, j’ai essuyé coup sur coup les refus, les remises en question qui en découlait… J’ai étée acceptée aussi. J’ai passé le bac, achevant 10 années de travail et d’aventures étranges et merveilleuses qui en m’offrant une autre langues (the splendid English language)  m’ont offert un autre foyer. J’ai fait un premier semestre de paces et tout ce qu’il signifiait, tout ce qu’il coûtait.
J’ai vu des amis des amours des larmes des fous rires inexplicable des pleurs inarretable des nuits de sommeil de travail de doute de maladie et de conversation. Des nuits d’amour.
J’ai fait mon deuil ou dumoins progressé dans le deuils de ceux qui nous quittent, ceux qui nous guident. J’ai même finit par faire le deuil de Sirius black. 11 ans après sa mort que je n’avais pas pu comprendre -il était passé derrière le rideau- pas voulu comprendre….
J’ai quitté la maison,  plus ou moins définitivement, j’ai provoqué et vécu des changements
J’ai lu, beaucoup, pas toujours de qualité,  souvent avec ferveur. J’ai rêvé, très peu, cauchemardé surtout (seul le paces comprends la terreur nocturne quand on rêve de ses profs, de ses cours, des concours… Qd on se réveille et qu’on se rend compte que tous les chiffres que l’on  a appris en rêve sont absolument faux, qu’on se rend compte,  30 minutes après que non en fait, on ne vient pas d’oublier de se rendre à l’épreuve d’ue3 de la semaine dernière)
J’ai cru et perdu confiance, j’ai souffert et soupiré de joie, j’ai trouvé des raisons d’être et j’en ai perdu… Oui. 2014 a été importante.
Mais pas que pour moi. Cette année une fille plus jeune que moi a été récompensée pour son combat pour les femmes et plus largement pour l’éducation. Elle a appelé,  rappelé au monde entier ce qui était primordial pour tous. Ce que beaucoup, dont moi prenons pour un acquis. Et si par hasard un étudiant -médecine ou pas, supérieur ou lycée ou collège – échouait sur cette page, souvenez vous: oui c’est fatiguant,  non vous préféreriez dormir là maintenant,  vous ne voyez peut être pas l’intérêt de ce cours de philosophie ou autre et oui bon quand même vous savez que vous avez de la chance d’avoir une école etc mais parfois il ne suffit pas de savoir, il faut le croire le penser et l’affirmer. Malala a raison, nous devons être une génération qui agit pour les autres, qui construit le futur en l’assurant même infinitésimalement.
Le passé aussi a émergé cette année,  les deux grandes guerres notamment. Et l’histoire s’est encore écrite en guerres et en nouveaux gouvernements,  en découvertes et en créations.

Cette année j’ai décidé d’aider les femmes et de les soigner, de réconcilier les corps et leurs changements. D’essayer, d’éduquer et aider. Qui sait ce que je serais dans 15 ans, Qd je n’aurais -si tout se passe bien- plus rien d’un médecin imaginaire?
Qui sait,  aujourd’hui,  où je serai dans un an?

Ce fut une année difficile.
Spoiler alert: 2015 risque aussi de l’être.

Still, I rise *poème  de maya angelou, une autre perte de 2014

Bonne année
Demain je retourne à Facville pour le second semestre….